L'ouvrage (1918)
Okane veut échapper à sa misérable condition. Elle épouse un vieillard et lorsque celui-ci meurt elle devient la proie des critiques et des dénigrements de ses voisins.
Elle retourne alors dans son village natal avec sa mère et épouse cette fois-ci un jeune garçon que la guerre, malheureusement, éloignera d’elle. Il reviendra du front blessé et, furieuse à l’idée qu’il devra repartir, décide de tout faire pour le garder à ses côtés.
y. Masumura & LE film La femme de seisaku
(Rétrospective à la cinémathèque française été 2007)
Yasuzô Masumura 増村保造 (1924-1986) fut condisciple de Yukio Mishima 三島由紀夫 à l’Université Impériale de Tôkyô. Masumura lui fit d’ailleurs tenir le rôle du yakusa dans Le Gars des vents froids (Karakkaze yarô からっ風野郎 - 1960) et adapta en 1972 son roman Musique (Ongaku - 音楽). Il devint par la suite l’assistant de Kenji Mizoguchi 溝口健二 (sur le tournage du Héros sacrilège 新平家物語 - 1955) et de Kon Ichikawa 市川崑. C’est en 1957 qu’il devient metteur en scène et tourne entre autres Courant chaud (Danryû - 暖流). Ce « remake » du film de Kozaburo Yoshimura 吉村公三郎 (1939), fit scandale, dans la mesure où le fossé (symptôme de la fracture qui venait de frapper le Japon entre les traditionalistes et les modernistes) était devenu gigantesque entre les deux versions ; les dialogues heurtèrent particulièrement les Japonais qui (plus que pudiques) ne pouvaient être que choqués par des remarques telles que celle-ci : « que je devienne même ta maîtresse ou ta putain, peu importe ! ».
Ainsi, il est erroné de dire que les premiers à avoir abattu les vieux arbres de la morale japonaise furent Shôhei Imamura 今村昌平, Yoshishige Yoshida 吉田喜重 ou même Nagisa Ôshima 大島 渚 avec son Nuit et brouillard du Japon (nihon no yoru to kiri - 日本の夜と霧 - 1960). Le premier fut bien Yasuzô Masumura, et ce, dès 1957.
Selon Masumura (et à l’instar d’un Imamura), seule la femme est capable de vraiment affirmer son « moi » ainsi que ses désirs. « Contrairement à l’homme, qui n’est qu’une ombre, la femme est un être qui existe vraiment et qui est extrêmement libre. C’est l’érotisme tel que je le conçois ». En effet, selon lui, c’est grâce à cette décharge érotique que la femme s’affirme. « Pour exprimer l’humain, il n’y a que la femme ». Ainsi, il est très courant de voir dans la plupart de ses films un rapport de domination de la femme sur l’homme.
C’est pourquoi, il lui fallait une actrice qui puisse incarner cette domination et ce rapport de force. Ayako Wakao 若尾文子(1933 -), révélée par Kenji Mizoguchi en 1953 dans les Musiciens de Gion (Gionhayashi - 祇園囃子) est cette actrice à la fois très féminine et d’une force érotique presque masculine. Elle incarne aussi bien la femme se traînant, blessée et humiliée dans la prison de La femme de Seisaku que la meutrière de Tatouage.
« C’est une femme très égoïste et calculatrice. À un certain moment, elle était pleine de vitalité. Je crois avoir su utiliser son égoïsme et sa vitalité. Ce n’est pas une femme pure, et elle le sait très bien. » disait d’elle Masumura.






