Pages choisies de Proudhon
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IX
« Nous allons chercher à résumer dans quelques propositiones les thèses examinées plus haut.
I. a. Si l'économie est une science, elle a pour objet l'étude rationnelle des valeurs prodiotes par l'industrie humaine.
b. Le travail économique est un phénomène psychologique qu'il faut soigneusement distinguer du travail tel que le comprend la physique.
c.Les valeurs se proportionnent entre elles et ont pour mesure une durée.
II. a. La consommation de l'homme civilisé est, en principe, illimitée; elle est dominée par des états psychologiques.
b. L'équilibre de la production et de la consommation ne dépend point seulement des lois biologiques; la population ne tendrait point à s'accroître d'une manière dangeureuse dans une société de justes.
c. Le travail ne peut procurer à l'homme que la pauvreté.
d. Le progrès industriel se manifeste par une aggravation continuelle du travail.
III. a. Le but des sciences morales est de définir des absolus, que la science ne peut étudier, mais qu'elle pose pour établir la séparation des causes.
b. L'expérience prouve que nous avons la faculté de pouvoir construire des idées et d'agir conformément à l'idéal ainsi formé.
IV. a. La justice ne réside pas dans les choses, qui peuvent être alternativement permises et défendues.
b. La justice est idée et se rapporte aux relations des citoyens entre eux.
c.La théorie du respect, base de l'idée de justice, a son origine dans l'histoire idéalisée de la cité hellénique.
V. a. les Etats ne se composent pas seulement d'individus, mais aussi de forces : le législateur règle l'usage des forces, ce qui nécessite l'examen des forces au point de vue du droit.
b. La guerre est une application du droit de la force ; elle est à la fois la lutte de deux absolus, deux souverainetés, et la dispute pour un gain illicite.
VI. a. Les contradictions économiques consistent dans les ravages produits par les forces industrielles à l'état de guerre.
b. En 1846, Proudhon croyait les contradictions solubles par une synthèse ; il a fini par reconnaître que cela était impossible.
c. Les contradictions ont leur base dans la liberté, qui trompe l'homme, lui fait mépriser la justice et poursuivre des illusions.
VII. a. Le législateur cherche à équilibrer les forces, de manière à obtenir une approximation de plus en plus grande de l'égalité.
b.La cité idéale des Grecs était libre de contradictions, parce que les forces économiques étaient supprimées.
c. L'équilibre idéal réaliserait dans la cité l'égalité des conditions.
d. Le moyen le plus puissant dont l'Etat puisse disposer aujourd'hui en faveur de l'équilibre semble être l'éducation.
VIII. a. L'instruction peut être utile ou dangereuse ; dans beaucoup de pays elle développe le paupèrisme.
b. L'enseignement doit avoir pour base la pratique de l'atelier : la science et l'industrie sont intimement liées et la première doit être enseignée au peuple comme explication du travail manuel.
c. Proudhon croyait à tort que l'industrie pouvait être ramenée à quelques lois générales, si bien que l'ouvrier pourrait recevoir une instruction intégrale.
d. L'instruction doit durer toute la vie, de manière à mettre les hommes en état de s'élever toujours et à obtenir l'équilibre entre les connaissances et les besoins industriels.
e. Il semble probable que, sans arriver jamais à l'instruction intégrale, on peut beaucoup simplifier l'enseignement industriel, le rendre plus scientifique et plus pratique à la fois, en s'inspirant des idées proudhoniennes.»





