L'ouvrage (1893)
Le livre est précédé d’une étude d’Henri Albert intitulée « Nietzsche et Brandes » (1894) au sein de laquelle est insérée la correspondance échangée entre les deux grands maîtres. La lecture de cette étude permet de montrer (et surtout de relativiser), plus de 110 ans après, les erreurs qui ont pu être écrites sur le grand penseur allemand.
Le livre en lui-même est tiré d’une étude parue en 1893 et intitulé Hommes et Œuvres. Trois ans auparavant, Brandes avait déjà publié une dissertation sur le penseur allemand dans la Deutsche Rundschau. C’est dire si son intérêt pour Nietzsche fut précoce.
Le texte publié a une première qualité toute simple (et qui est intrinsèque) qui réside dans le fait qu’il n’y a aucun écrit avant celui de Brandes sur le penseur allemand. Il est véritablement le premier « critique » de Nietzsche. Cette étude n’est donc pas « polluée » comme ont pu l’être certaines études publiées depuis 1900. La seconde qualité reste celle de l’objectivité de l’admiration, plus que celle de la subjectivité du prosélytisme. En effet, Brandes n’est pas un « disciple » de Nietzsche, et ne défendra jamais aveuglément ses thèses. Il explique dans quelle mesure Nietzsche doit être lu comme « éducateur » et comme terreau d’un nouveau radicalisme aristocratique.
Le livre, enfin, est suivi d’une assez longue étude sur Georg Brandes, rédigée en 1894 par Maurice Bigeon. Cette étude n’est pas didactique et montre le critique danois dans son élément naturel puisque l’auteur l’a connu et fréquenté. Il s’attache à étudier les raisons qui ont poussé Brandes à s’intéresser à ce « radicalisme aristocratique » dont les plus grands représentants étaient alors Nietzsche et Ibsen.





