L'ouvrage

Dickens & Griffith par Sergueï Mikhaïlovitch Eisenstein

En guise d’introduction un court texte de Eisenstein (Griffith, Chaplin, Flaherty) narre ses relations avec les trois réalisateurs. Puis le Chapitre I (Dickens & Griffith) explique de quelle manière Griffith, en s’inspirant de la lecture de Dickens, a élaboré son concept de montage. Ce fut par le biais des actions parallèles qu’il explique avec un certain nombre d’exemples tirés du livre de l’auteur d’Oliver Twist. Le chapitre II (Péripéties Pars pro toto) renvoi et développe le concept exposé ci-dessus. Enfin, le Chapitre III (Griffith & Nous) relate les relations que tous les jeunes réalisateurs russes ont eu avec tous les films de Griffith, leurs influences sur leurs façons de tourner et pourquoi l’esprit de révolution (au cœur de tous ces jeunes réalisateurs) a trouvé son terreau.



« Le montage, qui n’est techniquement que la “mise bout à bout” de différentes prises de vues qui retracent un évènement dans toutes ses phases, est aussi vieux que le cinéma lui-même. Mais lorsque (entre 1910 et 1914) Griffith eut apporté la multiplicité des plans et des angles (du gros plan au plan lointain), c’est-à-dire la variété des points de vue relativement au spectateur, le montage prit une importance capitale.
Mais comment le montage est-il venu à Griffith ou comment Griffith est-il venu au montage ?
Et bien, Griffith vint au montage par le biais des actions parallèles. Et l’idée de l’action parallèle lui fut suggérée par... Dickens ! Griffith le certifie lui-même. »

S.M.Eisenstein


« Le cinéma naquit deux ans avant Eisenstein. Mais, alors que celui-ci atteignit sa majorité, le cinéma n’en était qu’aux balbutiements de la première enfance. Il n’était pas seulement muet et monochrome mais n’avait pas encore pris conscience de sa nature synthétique, ni de la spécificité de ses moyens d’expression. Et voilà pourquoi Eisenstein et ses contemporains Lev Koulechov et Dziga Vertov en Union Soviétique ; David Wark Griffith et Charles Chaplin en Amérique ; Abel Gance et Louis Delluc en France ; Fritz Lang et Friedrich Murnau en Allemagne ; Georg Pabst en Autriche ; Victor Sjöström en Suède et Carl Dreyer au Danemark — voilà pourquoi, tous étaient condamnés à devenir des novateurs et des expérimentateurs. »

R. N. Yourenev





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