L'ouvrage
Certain que les revenus du domaine familial lui assureraient une existence dénuée d’ennuis matériels, il décide, à 20 ans, de quitter l’Angleterre et de vivre à Paris. Son rêve : devenir peintre.
Mais, à fréquenter de près les Académies (Les Beaux-Arts et Jullian), les ateliers (particulièrement celui de Cabanel) et les artistes (Manet, Monet, Degas, Pissarro, Sisley, Renoir etc.), il se rend très vite compte qu’il ne le sera malheureusement jamais.
Il n’en persiste pas moins à vouloir habiter Paris, où, pendant plus de dix ans, il côtoie les plus grands écrivains d’alors (Verlaine, Mallarmé, Zola, Tourgueniev etc.)
Les souvenirs de cette période (1872-1881) sont consignés dans ces Confessions.
Mais que l’on ne s’y trompe pas, ce recueil reste une réflexion, une dénonciation et surtout une satire, plus qu’une simple contemplation ou autre introspection propre à la majorité des « Mémoires » publiées de nos jours.
« Il y a, dans les Confessions, un orgueilleux agnosticisme et un individualisme exalté propre à conduire le lecteur parmi les rochers épars autour de la grotte de Zarathustra » Préface de G. Moore à la deuxième édition des Confessions
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« — L’art démocratique !
L’art est l’antithèse directe de la démocratie…
Athènes ! quelques milliers de citoyens qui possédaient plusieurs milliers d’esclaves, appeler cela une démocratie ! Non ! ce dont je parle, c’est la démocratie moderne — la masse. La masse ne peut apprécier que les émotions simples et naïves, la grâce puérile, surtout ce qui est conventionnel.
Voyez les Américains qui viennent ici ; qu’admirent ils ? Est-ce Degas ou Manet ? Non, Bourguereau et Lefebvre. Qu’est ce qu’on admirait le plus à l’Exposition Internationale ? — Le Dirty Boy (l’enfant malpropre). Et si la médaille d’honneur avait été décernée par un plébiscite, le Dirty Boy aurait eu une majorité écrasante. Quelle est la littérature du peuple ? Les histoires idiotes du Petit Journal. Ne parlez pas de Shakespeare, de Molière, et des grands maîtres ; on les accepte sur l’autorité des siècles. Si le peuple pouvait comprendre Hamlet, le peuple ne lirait pas le Petit Journal ; si le peuple pouvait comprendre Michel-Ange, il ne regarderait pas notre Bourguereau, ou votre Bourguereau, Sir F. Leighton.
Car pendant ces derniers cent ans, nous avons rapidement marché vers la démocratie, et quel est le résultat ? La destruction des différents métiers. Qu’il y ait encore de bons tableaux peints et de bons poèmes écrits, cela ne prouve rien ; on trouvera toujours des gens qui sacrifieront leur vie à un tableau ou à un poème. Mais les arts décoratifs que l’on exécute en collaboration et qui s’appuient sur le goût général d’un grand nombre, ont cessé d’exister. Expliquez cela si vous pouvez. Je vais vous donner cinq mille, dix mille francs, pour acheter une belle pendule, qui ne soit pas une copie et ne soit pas ancienne, et vous ne pourrez pas le faire. Cela n’existe pas.
(…)
Le philanthrope est le Néron des temps modernes. »





