L'ouvrage (1887-1888)

Le Plaidoyer d'un fou par Auguste Strindberg

Il ne s'agit pas, comme on a pu parfois le dire, d'un roman en tant que tel (même si l'auteur a pu le qualifier ainsi). En effet, cela est frappant dans l'absence presque totale de distance chez l'auteur à l'égard du héros principal qui est en quelque sorte son alter ego.
L'optique du mari trompé est privilégié dans le livre sans aucune réserve, bien que le plan descriptif du récit s'y oppose spontanément. Nous sommes donc tout simplement face à un témoignage autobiographique écrit 10 ans avant le fameux Inferno.

Les deux premiers chapitres retracent la rencontre avec sa future femme, leur amitié puis leur amour.
Les deux derniers chapitres (publiés ici) sont l'exutoire proprement dit d'une pléiade de névroses que le lecteur listera lui-même sans difficulté.

Les mots "haine", "jalousie", "persécution", "schizophrénie" et "paranoïa" ont souvent, été employé pour résumer la sensation qui découle de la lecture de ce livre.

Ceci est particulièrement flagrant dans la seconde moitié du Plaidoyer d'un fou :

C'est à cause du chien de sa femme que Strindberg entame contre cette dernière une lutte implacable où il est question de vie ou de mort. Après son accouchement, Maria (pseudonyme de Siri, sa femme) lui déclare la guerre et, bien entendu, la lutte reprend, de nouveau sous la forme d'une "guerre à mort". C'est finalement à partir du moment où l'auteur interrompt énergiquement une crise d'hystérie de Maria, qu'elle commence soi-disant à le haïr:

"Dès ce moment, mon trépas est inscrit dans le carnet d'une femme et l'Adorée se prend à me détester".

Il prétend alors, en effet, que toute l'humanité (et plus particulièrement la féminine) complote afin de le voir périr. Il en viendra à estimer que seuls les coups de bâtons permettent de régler les problèmes matrimoniaux. Il s'adresse par ailleurs au lecteur et lui conseille de retenir cette découverte:
Si lui même avait battu sa femme dix ans auparavant, il serait aujourd'hui le mari le plus heureux du monde.
Tout un programme!

Cet ouvrage est un véritable document psychologique (épuisé depuis longtemps) sur son auteur lui-même. Cela est indéniable.

Il débouchera sur la rédaction de Père (1887) et Mademoiselle Julie (1888) qui seront des drames plus "lisses", moins "brut" que le Plaidoyer.
Ces derniers reflètent une tendance au compromis de la part de Strindberg. L'anti-féminisme et l'auto-destruction de l'auteur y sont moins brutaux, plus littéraire.

Ce n'est, en revanche, pas le cas du Plaidoyer qui relate les faits et les pensées comme on fait connaissance avec les laves d'un volcan en éruption.



*    Début du Troisième chapitre.

**   "mes nerfs commencent finalement à flancher" (Chapitre 3 de la Troisième partie).

***  Début du Quatrième chapitre.

**** Fin du Quatrième et dernier chapitre.





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